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Les Conférences Pugwash Canada

Le But

Le but des conférences Pugwash est de fournir des idées savantes sur les questions suivantes:

  • L’abolition nucléaire et le contrôle des armes nucléaires
  • Le contrôle des armes et le désarmement
  • La prévention des conflits armés et le maintien de la paix
  • L’élimination des armes chimiques et biologiques
  • Le droit international
  • Le développement durable et l’éthique scientifique

Activités

Pugwash Canada organise des séminaires et des ateliers, avec des orateurs distingués et des tables rondes pour promouvoir des discussions informées entre experts. Notre but est d’éduquer et de générer des idées qui peuvent être utiles dans la formation de la politique gouvernementale, et pour exécuter des changements qui promeuvent la paix globale et la sécurité.

Par exemple:

  • Trois panneaux au TNP PrepCom 2014 de l’ONU: “Arctique essentiel: Une zone exempte d’armes nucléaires”, “l’OTAN et le TNP”, et “Nouvelles idées et initiatives”
  • Du 5 au 8 mai 2014, ONU, New York. “Vers un Moyen-Orient sans armes nucléaires”
  • Un atelier expert sur “Les impératifs politiques pour une zone arctique exempte d’armes
    nucléaires.” Le 27 octobre 2012, à Ottawa.
  • Un atelier de prévoyance stratégique sur “Un monde sans armes nucléaires”, du 16 au 18
    août 2012, à Pugwash en Nouvelle-Écosse.

“Il faut que je vous informe d’une réalité terrifiante: avec le développement des armes nucléaires, l’homme a acquis, pour la première fois dans l’histoire, le moyen technique de détruire toute la civilisation en une seule action.”
-Sir Joseph Rotblat

“On lance un appel, en tant qu’êtres humains, aux humains: souvenez-vous de votre humanité, et oubliez le reste. Si vous pouvez le faire, le chemin s’ouvre à un nouveau paradis; sinon, vous laissez la porte ouverte au risque d’une mort universelle.”
-Le manifeste Russell-Einstein, 1955

Programmes en cours

(1) Canadiens pour une conférence sur les armes nucléaires: dirigés par les membres de l’Ordre du Canada John Polanyi, Murray Thomson, Douglas Roche et Ernie Regehr, des centaines de membres de l’Ordre exigent des négociations internationales pour atteindre un traité vérifiable sur l’interdiction et l’élimination des armes nucléaires

(2) Une zone arctique exempte d’armes-nucléaires: une campagne pour les pays arctiques en vue d’engager un processus menant à un traité international. C’EST LE MOMENT!

(3) Projet sur les affaires globales: facteurs essentiels pour la durabilité de la civilisation

Étudiants canadiens/Pugwash pour la jeunesse

Étudiants Canadiens /Pugwash pour la jeunesse est l’organisation nationale Pugwash pour les jeunes canadiens. C’est aussi l’affiliation nationale du réseau international Pugwash pour la jeunesse. Elle a publié des revues à l’occasion. Contactez la Professeure Erika Simpson, à l’Université de Western Ontario,

Collaboration responsable entre savants en vue de saisir l’humanité des menaces à son existence:

Nous suscitons des expertises sur les questions importantes suivantes:

  • abolition des armes nucléaires et non-prolifération nucléaire
  • désarmement et armes de destruction massive
  • changement climatique
  • justice sociale
  • abolition de la guerre et maintien de la paix
  • utilisation pacifique de l’espace
  • zones de conflit

Canadian Pugwash Group / Les Conférences Pugwash Canada
56 Douglas Drive
Toronto ON
M4W 2B3

Il est urgent d’eliminer les armes nucleaires tactiques d’Europe !

Les États-Unis ne manifestent à présent, sous la présidence de Donal Trump, aucune intention de retirer leurs quelque 150 armes dites non stratégiques déployées sur le sol de cinq pays européens de l’OTAN ; ils prévoient même de consacrer 11 milliards de dollars à leur modernisation. Inutile militairement, cette modernisation menacerait la sécurité et la stabilité du continent européen en transformant de simples bombes à gravité à valeur essentiellement politique en armes précises et modulables qui aggraveraient le risque d’une guerre nucléaire en Europe. Pour remédier à l’obsolescence des armes tactiques actuelles, la solution n’est pas de les moderniser mais de les éliminer, en Europe comme en Russie. Or, l’indispensable dialogue avec la Russie sur ces armes fait cruellement défaut. En réponse au comportement de Moscou jugé agressif en Ukraine et à ses pressions sur les pays baltes, l’OTAN s’est contenté, dans le communiqué de Varsovie de 2016, de rappeler que « la posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN repose (…), en partie, sur les armes nucléaires des États Unis déployées à l’avant en Europe, ainsi que sur les capacités et l’infrastructure mise à disposition par les Alliés concernés. »

Pourtant, l’objectif de l’OTAN, affiché dans son Concept stratégique de 2010 était plus ambitieux : « tenter d’obtenir de la Russie qu’elle accepte d’accroître la transparence sur ses armes nucléaires en Europe et de les redéployer à distance du territoire des pays membres de l’OTAN. Toute nouvelle mesure devra tenir compte de la disparité entre les stocks d’armes nucléaires de courte portée, plus importants du côté russe. »

Aujourd’hui, la Russie procède à de la gesticulation et de l’intimidation en modernisant un centre de stockage qui pourrait abriter des missiles à têtes nucléaires à Kaliningrad, à quelques dizaines de kilomètres de la Pologne, Etat membre de l’OTAN. De son côté, l’administration Trump a pris prétexte des évolutions de l’arsenal russe pour préconiser, dans la Nuclear Posture Review de février 2018, l’introduction de nouvelles armes nucléaires à « faible puissance » dans la panoplie des Etats-Unis.

Où l’escalade peut-elle conduire ? N’est-il pas temps de relancer une négociation qui permettrait d’éliminer un échelon jugé dangereux dans le prétendu équilibre de la terreur ? En effet, croire que le maintien d’armes nucléaires « tactiques » dans les pays européens garantira leur sécurité est illusoire : les pays qui les accueillent deviennent des cibles potentielles ; l’emploi de ces armes déclencherait forcément une riposte « stratégique » et la catastrophe ne pourrait être empêchée.

Le sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet 2018 offre une occasion unique pour les membres européens de l’Alliance de reprendre l’initiative et d’exiger des Américains une négociation qui devrait déboucher sur le retrait des armes tant américaines que russes du sol européen. Se contenter d’attendre que la Russie « crée les conditions du désarmement » n’est plus une option. Si la Russie exige de mettre sur la table non seulement les armes non stratégiques mais aussi les armes stratégiques déployées et non déployées, la défense anti-missiles et les armes conventionnelles, cela offrira d’autant plus d’opportunités pour des compromis vers une réduction du risque nucléaire dans l’intérêt de tous.

Encadré : Les arsenaux nucléaires tactiques

(Source: Federation of American Scientists et Arms Control Association) –>

Russie

Sur les 6.850 armes nucléaires possédées par la Russie, les estimations de son arsenal non-stratégique varient entre 1.830 et 6.000, aucun chiffre officiel n’étant fourni. A la différence des armes dites stratégiques, ces armes ne sont pas couvertes par le Traité New START ni par le Traité FNI de 1987 sur les missiles à portée moyenne et intermédiaire, mais par les Initiatives nucléaires présidentielles (PNI) de 1991 et 1992, qui ont abouti à l’élimination de milliers d’armes tactiques. La plupart de ces armes, aujourd’hui réparties entre l’armée de l’air et la marine, sont déclarées comme non déployées, c’est-à-dire stockées centralement, ce qui leur assure un niveau opérationnel relativement bas. La position diplomatique de la Russie consiste à n’accepter de négocier sur ses armes non stratégiques qu’une fois les armes américaines équivalentes rapatriées sur le sol américain.

Etats-Unis

Au sein d’un stock officiel de 6.450 armes nucléaires, les Etats-Unis possèdent un arsenal d’environ 500 armes non stratégiques dont 150 déployées en Europe sur le sol de cinq pays membres de l’OTAN (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Turquie). Les actuelles bombes à gravitation B61 sont en cours de modernisation (pour un coût de 11 milliards de dollars). Leur puissance peut varier entre 0,3 et 360 kilotonnes (soit 24 fois la bombe d’Hiroshima).

Le pouvoir des arts: trois jours mémorables

Trois jours de présentations et de discussions réunissant plus de trois cents artistes ont animé le Musée des Beaux-Arts de Montréal du 16 au 18 février 2018 : une initiative de la Fondation Michaëlle-Jean , à laquelle se sont joints principalement Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du Musée, Sébastien Goupil de la Commission Canadienne pour l’UNESCO et le Réseau des donateurs pour la paix (« promouvoir l’harmonie sociale ») représenté par le philanthrope Brian Bronfman et par Audrey Lamothe, diplômée d’une maîtrise en médiation interculturelle de l’Université de Sherbrooke, oeuvrant à rendre tangible ce qu’on appelle le « mieux vivre ensemble » .

1- Des armes pour la paix

Vendredi le 16 , une cérémonie d’ouverture a mis en vedettes artistiques le duo autochtone Twin flames , le musicien slam et poète inspiré du Togo-Côte d’Ivoire Yao accompagné par la pianiste Marianne Dumas, les Imani Gospel Singers qui ont fait danser la salle et un prélude de Bach et une ballade de Chopin, interprétés sur un excellent Steinway.

Le moment le plus intense de la soirée fut la remise de bourses TD à quatre jeunes lauréates totalement investies dans leurs missions d’entraide humanitaire : malgré le décalage de douze heures avec la Corée, Michaëlle Jean était sur scène à leurs côtés à 21 heures, avec le fidèle Jean-Daniel Lafond , pour poser maintes questions chaleureuses mais très pertinentes en anglais et en français à cette jeunesse à la belle énergie, générant de multiples applaudissements mérités dans la salle !

Ma propre présentation illustrée de 96 diapositives consistait en un survol historique d’engagements des Artistes pour la Paix dont je ne nomme ici que ceux auxquels la pourtant si riche fin de semaine, à en juger par le programme, n’a pas fait allusion, malgré leurs liens avec la paix:

  • bombes nucléaires que 122 pays veulent voir éradiquées, suite à l’action d’Elayne Whyte-Gomez ambassadrice au Costa-Rica et suite aux pétitions des 7582 Maires pour la Paix, de mille membres de l’Ordre du Canada et du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire , toutes ignorées par les médias;
  • contrôle des armes à feu, sujet que la récente tuerie dans une école secondaire de Floride a brutalement ramené à l’agenda;
  • dégradation des Casques Bleus canadiens : il n’en reste que 42, dont dix-neuf policiers;
  • mines anti-personnel combattues par le Traité d’Ottawa de Jean Chrétien ainsi que les drones, bombes à sous-munitions et blindés canadiens, ces derniers vendus à l’Arabie Saoudite alors qu’heureusement, les hélicoptères ont été enlevés aux Philippines;
  • responsabilité canadienne dans la naissance de la Cour Pénale Internationale de LaHaye, mais hélas aussi dans le massacre perpétré par l’OTAN en Libye (voir plus loin);
  • travail de solidarité en faveur des 66 millions de réfugiés mondiaux avec l’UNHCR, l’UNESCO et avec Humanité et Inclusion, anciennement Handicap International;
  • solidarité avec les Kurdes, les Rohingyas, les Palestiniens et les Bosniaques;
  • dénonciation de pollution radioactive des centrales nucléaires (Guylaine Maroist) et fermeture de notre mine d’amiante (Louise Vandelac et Kathleen Ruff);
  • nos autres actions écologistes à la suite de Gro Harlem Brundtland, de Pierre Dansereau et de Dominic Champagne (22 avril 2012 et le printemps érable );
  • participation des femmes (Raging Grannies et Mémés déchaînées) pour changer le monde macho avec #me too et #etMaintenant, tout en veillant à ce que les critères de justice soient respectés (Margaret Atwood);

Voilà quelques-uns des dossiers où les APLP ont investi des centaines de milliers d’heures. Le diaporama a été accueilli par un silence impressionnant qui en disait long sur son impact, m’a félicité Philippe Duhamel , militant pour la paix de longue date qui a rédigé la plupart des présentations des participants lors des trois jours.

2- Outils —–de paix

Samedi le 17 s’est terminé par deux prestations énergiques de Seidnaly Sidhamed, alias Alphadi et surtout par le guitariste-chanteur-conteur-compositeur-interprète Gotta Lago qui a fait lever toute la salle.

Mais pour les Artistes pour la Paix, le héros du jour était celui que le Conseil d’Administration venait de choisir une semaine auparavant comme APLP de l’année 2018, le jeune Aquil Virani. La journaliste Caroline Montpetit lui a consacré tout un article dans Le Devoir du jour (page A-13) :

« Pour Aquil Virani, tout art est politique. Même la décision de ne pas utiliser son art à des fins politiques est une décision politique (…). Né en Colombie-Britannique d’une mère d’origine française et d’un père d’origine indienne, Virani sait ce que c’est que le sentiment d’exclusion (…). Pour lui, les musulmans ne forment pas une communauté, mais des communautés. Il croit que chacun devrait avoir un ami musulman avant de parler de l’islam. »

Le 17, il a animé deux ateliers, d’abord « les arts et la réconciliation » ainsi défini :

Après des siècles de violence, de conquête et de colonisation, la créativité des communautés inuites, métisses et des Premières Nations est plus que jamais à pied d’œuvre pour redonner aux peuples premiers leur fierté culturelle et le pouvoir collectif d’infléchir le cours de l’histoire.

Aquil Virani y a fait la toute première présentation Recevez ce cadeau : justice et réconciliation avec les peuples autochtones, où il a notamment avoué son erreur (vénielle!) d’avoir été trop impatient envers les communautés autochtones dans son projet Autoportrait du Canada. Ce projet a mené l’énergique jeune homme d’une mer à l’autre pour demander à 800 personnes de dessiner leur vision du Canada. Il a finalement laissé le 800 e portrait blanc, symbolisant le passé des autochtones qu’on a tenté de rayer, mais aussi leur avenir ouvert. On sait que la paix avec les Premières Nations est la première préoccupation des APLP, aux côtés des Florent Vollant, Alanis Obomsawin et Samian.

Sa deuxième présentation était intitulée Des affiches pour la paix : l’intégration des musulmans, dans l’atelier nommé les arts et la lutte contre la discrimination.

Nul doute que nous réentendrons parler de cet artiste dont la jeunesse est un vif atout, au moment où ma santé ébranlée m’a amené à me retirer du C.A. des APLP.

3- Le discours final de Jean-Daniel Lafond

Exaltante fin de forum dimanche, avec une présentation des Jeunes du bout du monde animés par le militant anti-raciste noir de Montréal-Nord, Ricardo Lamour, tandis que Vanessa Kanga créatrice du Festival Afropolitain Nomade, ma collègue de l’UQAM Mona Trudel, l’APLP Guy Demers et Caroline Laplante du Centre des Femmes l’Autonomie en Soi de Saint-Hyacinthe exprimaient leur souci d’intégrer l’art des plus pauvres de nos sociétés riches (par exemple, ATD-Quart-Monde et Miguel Estrella).

Avant la prise de la photo qui débute ce reportage, nous avons entendu l’auteure-compositrice-interprète Beatrice Deer , accompagnée de son guitariste Jordey Tucker, précéder l’énoncé d’une Déclaration des arts pour la paix , formulée par le Réseau des donateurs pour la paix .

Mais cette déclaration, un peu « tarte aux pommes » où tout était naturellement beau et gentil, a été suivie par une réflexion du brillant directeur-philosophe de la Fondation Michaëlle-Jean, Jean-Daniel Lafond , ayant travaillé d’arrache-pied à réunir tout le monde des premières heures aux dernières de l’événement : il nous a entretenus de sa persuasion que le pouvoir des arts contenait aussi une face sombre qu’il faut avoir le courage de dévoiler.

Ce que je m’autorise à faire ici, avec l’exemple sinistre de Harvey Weinstein, déjà évoqué lors de ma présentation de vendredi sur le mouvement #moiaussi et #etMaintenant, et leur endossement par Margaret Atwood dont les dystopies rencontrent un succès retentissant trente ans après leurs créations car elles expriment audacieusement les débordements de sociétés totalitaires imperméables à l’art et aux préoccupations des femmes. Voici de quoi il s’agit :

Thomas Frank , journaliste américain qui écrit pour The Guardian, vient de révéler les usages par Weinstein de son pouvoir pour empêcher de célèbres artistes d’appuyer Bernie Sanders plutôt que Hillary Clinton. Ce qui suit est tiré de son article What Harvey Weinstein tells us about the liberal world, suivi de révélations sur ses liens avec Bernard Henri Lévy contenues dans un autre article, celui du Monde diplomatique de février 2018, page 28.

« En 2012, Weinstein achète les droits américains sur le Serment de Tobrouk1 , documentaire par l’élégamment vêtu Bernard-Henri Lévy destiné à promouvoir sur la scène internationale la destruction en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi – destruction mieux connue aux États-Unis sous le nom de « guerre de Hillary » [Clinton] et dont la Libye, sept ans plus tard, ne s’est pas remise.

Car passées les hésitations des premières semaines de ce qui avait été présenté comme une opération onusienne destinée à protéger les islamistes minoritaires de Benghazi2 d’un carnage aux mains de l’armée libyenne, il est vite apparu que le général canadien Charles Bouchard3, commandant l’aviation de l’OTAN lors de l’opération, avait reçu des ordres secrets de bombarder le régime jusqu’à son extinction complète. Depuis cette date, la Chine et la Russie, échaudées par leur accord irréfléchi à cette mission catastrophique, n’ont plus autorisé aucune opération armée émanant du Conseil de Sécurité de l’ONU, car il est difficile d’imaginer des coûts humains plus dévastateurs en morts, en réfugiés et en prisonniers des pires camps de concentration depuis l’époque nazie, comme nous l’a révélé la journaliste Sophie Langlois de Radio-Canada!

Si BHL tente de se racheter une virginité en risquant sa vie pour filmer le combat désespéré des Kurdes , l’opération est hors de portée pour Weinstein.

La féministe Marilyn French écrivait dans la fascination du pouvoir4 les mots suivants qui nous ramènent aux nombreuses prises de position par les APLP contre les bombes nucléaires. :

« L’imagerie en question, comme la véhiculent films et romans , ne propose qu’un passé dépoussiéré, et ce passé tel qu’il était ne peut mener qu’au présent tel qu’il est. […] Mais de vision d’un avenir pour l’humanité, point. La réalité justifie suffisamment notre impression de vivre une époque perturbée où nous nous acheminons, frissonnants d’horreur, vers la fin du monde. Les peuples du XIVe siècle, affligés par des guerres incessantes et par la peste noire, croyaient eux aussi la fin du monde proche; toutefois ils manquaient des moyens de la provoquer. Nous les avons. Et rien, dans l’histoire de l’humanité, ne peut nous assurer qu’ils ne seront pas employés ».

Désolé de terminer sur une note aussi apocalyptique ma description de trois jours de rencontres qui ont permis d’envisager l’avenir avec plus d’optimisme, comme le proclamait le titre de ma présentation, copié sur celui de l’ouvrage sur Pierre Dansereau paru en octobre aux Presses de l’Université du Québec : L’espoir, malgré tout!

Notes

1 « Ce film merveilleux, écrit Weinstein, montre le courage incroyable de BHL et la force de l’ancien président Sarkozy, tout en mettant en lumière l’inestimable leadership du président Barack Obama et de la Secrétaire d’État Hillary Clinton. » On croit lire un vocabulaire de propagande communiste chinoise des années 60!

2 Si on cherche des références sur les rebelles de Benghazi, on ne trouve sur google que celles sur l’assassinat de l’ambassadeur américain en 2012 pour lequel Hillary Clinton a été blâmée par les Républicains, mais À PEU PRÈS RIEN sur comment la doctrine Right to Protect (R2P) a entraîné les Nations-Unies à approuver une guerre dont les conséquences de nos jours se chiffrent encore en centaines de morts mensuelles. Les pouvoirs politiques semblent plus importants que les êtres humains…

3 L’intérêt du complexe militaro-industriel dans l’opération s’est vite révélé par la nomination subséquente du général Bouchard à la tête de Lockheed Martin Canada qui cherche maintenant à vendre au ministre de la Défense canadien Sajjan des F-35, avions bombardiers furtifs, au coût de dizaines de milliards de $…

4 Etude socio-historique de l’évolution de la condition féminine depuis les origines de l’humanité, l’analyse est fondée sur la relation dominant-dominé dans l’organisation sociale. Traduit en 1986 (titre original Beyond Power : On Women, Men, and Morals ), ce livre qui m’a été référé par la militante féministe Pascale Camirand, membre des Artistes pour la Paix, explore le patriarcat et la morale patriarcale à travers les siècles et comment le féminisme offre un cadre des choses différent qu’il faudra pour mettre en place un monde plus humain et un nouvel ordre socio-politique.

Le Post & Daniel Ellsberg

Par Pierre Jasmin, artiste pour la paix, membre exécutif des Conférences Pugwash Canada et du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire

Les premières minutes du film

Film un peu trop prévisible, le Post pourrait avoir été tourné il y a un demi-siècle en noir et blanc (la photo ci-dessus n’en fait pas partie). Est-ce une qualité voulue par le metteur en scène Steven Spielberg, son compositeur John Williams, ainsi que par les deux acteurs chevronnés, Meryl Streep et Tom Hanks, vu que les événements relatés se passent en 1971, au tout début de leurs carrières respectives? Le travail effectué reflète leur expérience éminemment professionnelle et efficace : à une heure de l’après-midi le 12 janvier 2018, premier jour d’affiche, une salle remplie réagissait avec entrain au déroulement scénaristique implacable. Néanmoins, le jury des Golden Globes n’a avec raison accordé aucun des quatre prix majeurs (meilleur film, meilleures réalisation et meilleurs acteurs masculin et féminin) pour lesquels le film était en compétition. On constate aisément que la version originale du film ne contient aucune valeur ajoutée à la version traduite par nos compétents doubleurs québécois, qui s’acquittent de leur tâche sur un pilote moins automatique que leurs collègues-étoiles.

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La paix est-elle encore une valeur canadienne?

Artistes pour la Paix et Pugwash Canada (document de Pierre Jasmin) 2017-03-23

Plus jeune que les puissances européennes et moins gros que les États-Unis, le Canada a la liberté de choisir, au lieu d’emprunter les voies du militarisme et du colonialisme, de travailler pour le bien commun mondial et la démocratie, non pas celle fondée sur les froids calculs économiques des entreprises et des 1 %, mais celle agissante qui s’inscrit dans la perspective des droits humains et de la compassion.

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